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Le Dalai-lama, pas végétarien?

In Histoire végétalienne (biographies) on août 10, 2015 at 12:36

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En 2008, lors d’un repas en France avec des lauréats du prix Nobel de la paix, le Dalaï-lama a mangé de la joue de veau braisé et des crevettes. Selon les journalistes présents, il aurait même refusé l’alternative d’un repas végétarien en déclarant:  « Je suis un moine tibétain, pas un végétarien ».

Ce repas carnivore prenait place quelques semaines après un entretien avec Norm Phelps, un activiste bouddhiste pour les animaux et auteur de plusieurs ouvrages dont un sur le bouddhisme et les droits des animaux : The Great Compassion : Buddhism and Animal’s Rights.

Norm Phelps raconte que lors de cette audience privée, le Dalaï-lama lui a parlé avec émotion de sa profonde compassion pour les animaux et de son désir que tous – y compris les Tibétains- adoptent une alimentation végétarienne comme l’expression de la compassion bouddhiste envers tous les êtres sensibles.

La conduite d’un guide spirituel doit-elle concorder avec ses enseignements?

C’est ce que se demande Norm Phelps dans une lettre ouverte adressée au Dalaï-lama (www.all-creatures.org/letters/20070615-np.html) où il n’hésite pas à qualifier sa consommation de viande « d’hypocrite ».

Il rappelle qu’en avril 2005  le Dalaï-lama avait annoncé, lors d’une conférence de presse à New-Delhi, qu’il était maintenant végétarien à plein temps. En mai 2007, le Milwaukee Journal Sentinel rapportait cependant que pendant une collecte de fonds au Deer Park Buddhist Center, le Dalaï-lama a consommé le repas servi soit : rôti de veau farci, poitrine de faisan (ayant été chassé?) et de la soupe de poulet.

Végétarien à temps très partiel

C’est dans les années 60’ que le Dalaï-lama aurait décidé de devenir végétarien après avoir assisté à la mort d’un poulet égorgé. (Cité dans son livre Au loin la liberté). A ce moment là, il renonça à la viande et au poisson, tout en consommant de grande quantité de lait et de noix. Il contracta peu après une hépatite et ses médecins lui conseillèrent de recommencer à manger de la viande.

Outre le fait qu’on peut sérieusement se demander en quoi  la viande peut être  bonne pour un foie malade, on reste perplexe devant cette forme d’hypocrisie – ou d’ignorance? –  venant de celui que la tradition religieuse tibétaine voit comme  l’incarnation physique du Bodhisattva de la compassion, soit  le Bouddha en devenir.  Plutôt curieux que le Bouddha du futur souffre d’un tel attachement, d’une telle dépendance à la viande, qu’il ait tant de difficultés à mettre en pratique ce qu’il enseigne.

Lors d’un discours prononcé en public à Seattle en 1995, le Dalaï-lama aurait déclaré qu’il s’efforçait d’être végétarien en permanence, mais qu’il trouvait que « c’était trop complexe».

Des fois oui, des fois non

Au cours des décennies,  le Dalaï-lama s’est prononcé de multiples fois sur la compassion envers les animaux, contre la chasse et pour le végétarisme.  En 1967, à un congrès mondial végétarien, il déclarait :   « Je ne vois pas du tout de raison pour laquelle les animaux devraient être massacrés pour servir un régime humain quand il y a tant de substituts. Après tout, l’homme peut vivre sans viande.  Tuer des animaux pour le sport, pour le plaisir, pour des aventures, pour la peau et la fourrure est un phénomène qui est à la fois dégoûtant et bouleversant. Il n’y a aucune justification pour s’adonner à de tels actes de brutalité.»

Matthieu Ricard,  lui-même végétarien,  a demandé au Dalaï-lama lors d’une visite en France en 2008 : « Pourriez-vous nous donner votre point de vue sur la nécessité d’être végétarien ? »

Il a répondu : « Je pense que c’est extrêmement important. On trouve bien sûr mention de cela dans de nombreux textes bouddhistes, pour donner un exemple, les textes sur les différentes étapes de la méditation de Kamalashila qui principalement est dédié à la méditation mais qui aussi souligne l’importance d’adopter un régime végétarien. Cela semble une évidence en raison du concept fondamental de la compassion, de la non-violence. (…)

«  Le spectacle, quand on a l’occasion de le voir, de ces grands abattoirs, c’est si mauvais. Toutes ces usines de poulets en batterie, où les poulets souffrent tellement. Ey aussi cette pêche industrielle, où on ne compte plus les poissons par leur nombre individuel, mais par tonnes, sans aucune considération pour leur vie, leur désir de rester en vie. Un total mépris de la souffrance qui évidemment est totalement incompatible avec l’idéal de la non-violence et de la compassion. »

Au Tibet

Certains avanceront l’argument qu’au Tibet, à cause de son rude climat, la viande est nécessaire. Mais le Dalaï-lama vit depuis plusieurs décennies à Dharamsala en Inde, où l’on trouve en abondance légumes et fruits. L’argument de la nécessité de la viande est donc absurde pour ces Tibétains vivant en Inde. (Elle  peut l’être aussi au Tibet, puisque de nombreux lamas et yogis ayant vécu dans cette contrée comme Shabkar ont fait le vœu de ne pas manger de chair animale et ce même sous des conditions climatiques difficiles. )

Absurde aussi cette conception faussement bouddhiste sur la viande énoncée par le Dalaï-lama dans son livre Au-delà du Dogme :   « Tuer un animal est péché mais  il est permis d’acheter au marché la viande d’un animal déjà tué. Les bouchers qui tuent les animaux sont considérés comme des pécheurs et proscrits. »

On ne peut que répondre à cette affirmation farfelue, que les bouchers n’existeraient pas s’ils n’y avaient pas de consommateurs de viande…

Pour sa défense, notons que les cuisines du Dalaï-lama à Dharamsala sont végétariennes mais qu’il encourage « ces pêcheurs de bouchers », lors de ses déplacements, forts nombreux.

Dans le bouddhisme véritablement lié à la non-violence et qui fera l’objet d’un deuxième article, le lien entre la compassion envers les animaux et le végétarisme est pourtant très clair :

« Le Bodhisattva, qui a pour nature la compassion, ne doit manger aucune viande… De crainte de provoquer la terreur d’un être vivant  que le Bodhisattva qui s’entraîne dans la discipline pour atteindre la compassion, s’abstienne de manger de la chair »- Soutra Lankavatara

Marjolaine Jolicoeur – vegetarisme@hotmail.com

 

 

 

Charlie Hebdo et les droits des animaux

In animaux de compagnies - chiens - usines à chiots, ecology, environnement, Vivisection/Vaccins on janvier 13, 2015 at 6:09

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Tauromachie, vivisection, chasse… Cabu, Wolinski, Charb et Tignous utilisaient régulièrement leurs crayons pour soutenir les associations de protection animale et dénoncer les souffrances animales. Ils manqueront cruellement à cette cause.
Mais la chroniqueuse Luce Lapin, qui n’était pas dans les bureaux de Charlie Hebdo au moment où l’horreur y a pénétré l’a affirmé, cet engagement s’écrit toujours au présent.
Source: http://wamiz.com/chats/actu/charlie-hebdo-et-les-droits-des-animaux-un-engagement-qui-s-ecrit-toujours-au-present-5896.html
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Protection des bélugas avant le pétrole

In Canada, ecology, environnement, petrole, politique, Quebec on décembre 16, 2014 at 2:38

Marjolaine Jolicoeur
La construction d’un terminal pétrolier à Cacouna, dans une pouponnière de bélugas, s’avère de plus en plus incompatible avec leur statut d’espèce en voie de disparition. En effet, selon un rapport du Comité sur la situation des espèces en péril (COSEPAC), le béluga est menacé «d’une disparition du pays imminente.» Pour expliquer son déclin rapide, le COSEPAC accuse entre autres « la pollution, la perturbation causée par le bruit et le développement industriel ».
On a déjà dénombré plus de 10 000 bélugas dans l’estuaire du Saint-Laurent, aujourd’hui on en compte moins d’un millier.
« Cette décision du COSEPAC vient confirmer que nous avions raison de nous alarmer du dérangement causé par les travaux de TransCanada à Cacouna », a mentionné Karel Mayrand, directeur pour le Québec à la Fondation David Suzuki, par voie de communiqué. « La nouvelle classification du béluga ne laisse plus aucune place au compromis. TransCanada doit abandonner son projet de terminal pétrolier », a-t-il ajouté.
Commentant le projet de port pétrolier à Cacouna, le biologiste Pierre Béland, fondateur de l’Institut d’écotoxicologie du Saint-Laurent à Rimouski a indiqué « qu’en 32 ans de recherche et d’efforts pour préserver le béluga, ce projet représentait la plus sérieuse menace pour l’espèce.»
Selon Patrick Nadeau, directeur général de la Société pour la nature et les parcs (SNAP) : «Il est désormais impossible de justifier scientifiquement que l’implantation d’un terminal pétrolier à Cacouna puisse se réaliser sans causer un dommage irréparable au béluga du Saint-Laurent. On doit dès maintenant accélérer la création d’une aire marine protégée dans cette zone tel que recommandé par Pêches et Océans Canada depuis plus de 15 ans».
Un site alternatif?
Le premier ministre Philippe Couillard a réagit publiquement au rapport du COSEPAC, en déclarant que TransCanada se devait de trouver un « site alternatif » pour son terminal pétrolier. Avant d’opter pour Cacouna, TransCanada a considéré d’autres sites comme Baie-des-Sables (près de Matane), L’Île Verte, Saint-Denis de Kamouraska ou Saint-Nicolas.
Le NPD contre le projet
Puisque les bélugas sont désormais considérés comme une espèce en voie de disparition, le NPD exhorte le gouvernement conservateur à rejeter l’idée d’un port pétrolier à Cacouna. «Une majorité des Québécois et des résidents de Cacouna ne veulent pas de ce projet qui n’a rien d’un projet de développement durable, a dit François Lapointe, député de Montmagny—L’Islet—Kamouraska—Rivière-du-Loup. Il n’y avait déjà plus d’acceptabilité sociale possible pour la construction d’un port pétrolier dans cette région du fleuve. Maintenant, il en va de la survie d’une espèce qui n’est plus seulement menacée, mais en voie d’extinction. Le gouvernement ne peut plus ignorer notre demande, il doit mettre un terme à ce projet.»
En octobre dernier, le NPD avait déposé une motion demandant au gouvernement d’abandonner le projet de port pétrolier à Gros-Cacouna. Les conservateurs et les libéraux avaient voté contre cette motion qui visait à protéger l’habitat des bélugas.
Les caribous aussi
Le rapport du COSEPAC, passe aussi en revue la situation de 36 espèces animales et végétales. Sa conclusion est alarmante : « la liste des espèces sauvages canadiennes en péril ne cesse de s’allonger ». Les scientifiques pointent notamment le sort fragile des caribous, dont les populations boréales sont désormais considérées comme « menacées », en raison des « impacts cumulatifs de l’exploitation pétrolière, gazière et forestière ». Le troupeau évoluant en Gaspésie est quant à lui « en voie de disparition » et pourrait disparaître d’ici environ quarante ans.

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