Des poules urbaines et des chiens abandonnés

(Marjolaine Jolicoeur) On annonce l’implantation, dans l’arrondissement  Rosemont–La Petite-Patrie à Montréal, de plusieurs poulaillers urbains dans les cours arrières des résidences.

Au même moment, la Société pour la prévention de la cruauté envers les animaux (SPCA) de Montréal déplore que pendant la période des déménagements – de juin à septembre –  de nombreux chiens et chats sont abandonnés et se retrouvent dans leurs locaux. Certains, faute de trouver un compagnon-humain, devront être euthanasiés.

Un sondage datant de 2013 révèle que près de 50 000 animaux sont abandonnés chaque année, seulement dans la région de Montréal. Au Québec, un demi-million d’animaux sont délaissés et euthanasiés annuellement. Une statistique encore plus terrible : toujours selon la SPCA, 45 % des Montréalais ont un animal dit domestique qu’ils ne gardent qu’en moyenne 2 ans avant de l’abandonner dans la rue, de le donner à un refuge ou de le faire euthanasier.

Verrons-nous ce même phénomène d’irresponsabilité humaine s’étendre aux poules urbaines?

Pitié pour les vieilles poules

Les poulaillers urbains  amènent de grandes possibilités d’abandon, d’abus, de négligence et de maltraitance animale.

Alors qu’on peine à s’occuper correctement des chiens et des chats, l’introduction de poules en milieu urbain ne fera qu’augmenter la souffrance animale.

Une poule peut vivre pendant plus de 10 ans, mais cessera de pondre bien avant. On continuera de la garder, même si elle ne produit plus d’œufs?  Ou on lui coupera le cou pour qu’elle finisse dans une soupe?

Une poule peut tomber malade, avoir besoin de soins vétérinaires. Et l’hiver venu, sera-t-il toujours possible qu’on s’occupe d’elle, en lui procurant un endroit chaud et confortable? Avec tout ce que cela comporte en temps et en argent?

Un non massif des organismes de protection animale

Il est curieux qu’on mette de l’avant un tel projet de poulaillers urbains, alors que, d’une façon unanime, les organismes de protection animale s’y opposent.

La SPCA de Montréal, qui reçoit présentement une vingtaine de poules et de coqs négligés, a déclaré récemment qu’elle « s’inquiétait face au projet » et craignait que le phénomène de l’abandon ne prenne de l’ampleur.

Aux États-Unis, une coalition d’une dizaine de refuges animaliers (Farm Sanctuary, United Poultry Concerns, Woodstock Farm Animal Sanctuary, etc.)  conteste l’introduction de poules en milieu urbain. Au cours des dernières années, ces refuges ont dû recueillir un nombre toujours plus grandissant de poules abandonnées ou de coqs, alors qu’ils sont déjà surpeuplés et en manque de financement, tout comme ceux du Québec.

Un menu pas appétissant

Malheureusement  hygiène déficiente, insalubrité, ramassages des déjections et effluves de poulaillers sont aussi au menu avec l’introduction de poules urbaines, avec en prime la salmonellose.

En 2015, on a répertorié l’éclosion de  61 cas de salmonellose reliés à des poules urbaines en l’espace de deux mois, en Alberta, en Colombie-Britannique et au Manitoba; neuf personnes ont été hospitalisées.

En 2016 aux États-Unis, entre les mois de janvier et mai, 324 personnes furent infectées par la salmonellose provenant de poules urbaines.

Exploitation animale

Comme il extrêmement difficile de savoir à l’avance si les poussins sont de sexe féminin, il est fort possible de se retrouver avec des coqs. Et l’on doit savoir qu’après avoir déterminé le sexe d’un poussin, on ne garde que les femelles pondeuses alors que les mâles finissent broyés, hachés vivants, entassés dans de grands sacs en plastique où ils meurent par suffocation.

Malgré les normes, les règlements, la bonne volonté, avoir des poules dans sa cour relève de l’exploitation animale.

Les citadins ne  voulant pas être complices des élevages industriels où les poules sont gardées à plusieurs dans une cage, devraient se tourner vers les producteurs d’œufs biologiques.

Et puis, si on aime vraiment les poules, il faudrait aussi penser à diminuer ou même cesser sa consommation d’œufs, autant pour  notre santé, que pour celle des  animaux et de la planète.

 

 

 

 

 

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