L’espèce humaine n’a pas le monopole de l’inadmissible

 

David Joly – http://www.ecologie-radicale.org

27 janvier 1941. A la terrasse du Montmartre, restaurant parisien, deux amis discutent :

– Alors comme ça tu t’es engagé dans la Résistance ?
– Bah oui.
– Tu sais que ça va t’amener de gros problèmes- Et la solution c’est quoi ? Ne rien faire ?
– Mais ce ne sont que des Juifs après tout.
– C’est horrible ce que tu dis là ! Même si tu ne les aimes pas, même s’ils te laissent indifférents, tu ne peux tout de même pas cautionner ce qu’on leur inflige. Attends, je vais t’expliquer.
– Non, tais-toi, je préfère ne rien savoir, ça va me couper l’appétit !
– Si, écoute bien car la solution n’est pas d’ignorer : ils sont massés par centaines dans des trains, des camions, certains meurent étouffés pendant le transport. Ceux-là sont les plus chanceux car pour les autres ce sera stress, torture, souffrance et au final une mort atroce dans un lieu répugnant. Quel que soit leur sexe, quel que soit leur âge.
– Tu as raison, on ne peut plus rester sans rien faire.

Avis aux amateurs de science-fiction : comment voyager dans le temps et faire un bond de 70 ans en avant sans bouger de sa chaise. Simplissime : reprenez le dialogue précédent, remplacez « Résistance » par « Protection animale » et « Juifs » par « Animaux ».Vous êtes le 27 janvier 2011. L’atrocité de la Shoah est à notre époque universellement reconnue.
Pourtant, il existe un domaine où l’on retrouve les mêmes techniques employées pour acheminer, torturer et tuer en masse : les abattoirs.

Nombreux sont ceux qui s’offusquent que l’on puisse comparer le traitement des animaux destinés à l’alimentation carnée d’aujourd’hui à l’une des pages les plus sombres de notre Histoire. Réflexe anthropocentrique qui place traditionnellement l’Homme au-dessus de toutes les espèces, et par conséquent ses souffrances avec.

Nombreux sont ceux qui se disent outrés que, au choix, nous rabaissions l’homme à l’animal ou que nous élevions l’animal à l’homme.

Nombreux sont ceux qui nous soupçonnent de vouloir faire passer l’animal avant l’homme.

Nous leur disons simplement qu’ils n’ont toujours rien compris. Nous, biocentristes, ne nous intéressons pas de savoir s’il s’agit d’un homme ou d’un animal.
Dès lors que nous sommes en face d’un représentant du Vivant en capacité de souffrir physiquement ou psychologiquement, l’acte de torturer, blesser, harceler, tuer est intolérable et proscrit.

Sur un point nous sommes malgré tout d’accord : l’Homme a une capacité de raisonnement bien supérieure à toute autre espèce.

Là où nous divergeons est que nous demandons à ce qu’il la mette au service de l’intelligence, de l’empathie et du bon sens au lieu de s’en servir pour perpétrer au nom de l’argent, au nom des magouilles politiques, au nom de ses fantasmes, des ignominies dignes des plus grands génocides que l’Humanité ait connus.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s