Quand un chien nous fait du bien

« Alors, on s’en va travailler? », demande l’intervenante en zoothérapie Nathalie Caron à sa chienne Candy dont les grands yeux bruns soudain s’animent.Depuis février dernier, les deux thérapeutes font équipe auprès des personnes âgées en perte d’autonomie au CSSS des Basques de Trois-Pistoles.

Nadia April, l’éducatrice spécialisée qui a mis sur pied le projet, se joint à elles lors de visites effectuées aux deux semaines. « Nous avons chacune un rôle bien défini. Moi je m’occupe de la sécurité des résidents et les stimule en leur parlant lorsqu’ils sont en présence de Candy. Nathalie, pour sa part, voit à la sécurité du chien et dirige ses interventions. »

Candy trottine dans les couloirs du centre d’hébergement au côté de Nathalie, comme si elle connaissait bien les lieux. En près de deux heures, elles vont d’une chambre à l’autre sur les trois étages de l’établissement ou s’arrêtent dans les salons pour jaser.

La présence de Candy attire presque toujours la curiosité. Elle fait des pirouettes sur elle-même et même des « bye-bye» avec sa patte en l’air lorsqu’elle quitte un résident. « Pour éduquer un chien, je crois à la méthode du renforcement positif. L’animal est beaucoup plus obéissant et heureux avec des récompenses, des paroles douces et des jeux », assure Nathalie en frappant à la porte d’une chambre.

« Quel beau pitou ! », s’extasie une dame pendant qu’on installe Candy sur une couverture, près d’elle sur son lit. Nadia lui demande alors : « Vous en aviez un chien vous madame ? » Oui, elle se rappelle qu’elle a déjà eu un chien « qui était gros et qu’on attelait pour différentes besognes. On le gardait dehors, mais l’hiver il couchait près du poêle », confie-t-elle en caressant tendrement Cindy.

Un amour de chien

Tout en aidant la mémoire et la communication verbale, un chien apporte énormément de joie aux résidents. « Un chien ça ne juge pas et son amour est inconditionnel. Il a un effet calmant. Parfois, on dirait qu’il sent l’énergie dans une pièce et adapte son comportement pour apporter du réconfort au patient », explique Nadia. Elle raconte qu’un monsieur souffrant d’Alzheimer et n’ayant pas parlé depuis près de deux ans s’est exclamé en regardant Candy : « Ça, c’est des animaux intelligents ».

« On a vraiment des résultats très encourageants et chaque personne âgée a développé une routine particulière avec l’animal », poursuit Nadia qui après chaque intervention prend soin de bien nettoyer les mains des résidents. L’hygiène est aussi stricte pour Candy dont le pelage roux est propre et rasé.

Et des minous aussi…

Dans une chambre, une dame vit entourée de toutous en peluche. Sur son mur, une photo de chat. Elle touche doucement le museau de Candy et lui donne à manger. « Moi, j’ai un beau minou, il est très fin. »
Groupés dans un salon, certains refusent de s’approcher de Candy. Avec une moue dédaigneuse, un monsieur prévient qu’il « n’aime pas les chiens ». Un autre mentionne « que les chiens chez-nous à la ferme, ça restait dehors dans leur niche et ça n’entrait pas dans la maison. » Le chien devient peu à peu le centre de la conversation. Pour dérider son auditoire, Candy danse sur ses deux pattes. Murés dans leur silence, certains résidents esquissent un timide sourire.

Parler chien

Parfois Candy se met à gémir en regardant Nathalie. « Elle parle chien, elle s’exprime, lance-t-elle en riant. Elle a été rescapée à l’âge de quatre mois d’une usine à chiots, alors je suis sa sécurité, c’est pourquoi elle ne me lâche jamais des yeux et attend mes directives. »

Maintenant âgée de neuf ans, Candy prendra bientôt sa retraite. Un autre chien viendra la remplacer, mais n’est pas thérapeute canin qui veut. « Le chien doit être certifié et passer certains tests. Il faut, par exemple, qu’il aille spontanément vers les gens sans démontrer d’anxiété et bien sûr n’avoir aucune agressivité », indique Nathalie, elle-même certifiée en zoothérapie. Elle donne, de plus, des ateliers de prévention pour les enfants afin qu’ils évitent les morsures de chiens et des consultations pour les troubles de comportement via son organisme les Compagnons canins de Rivière-du-Loup.

Ce projet de zoothérapie est en essai pour une période de 12 mois. Il a été rendu possible grâce à une collaboration financière de la Fondation CSSS des Basques. Nadia estime que les résultats sont déjà positifs et souhaiterait que Nathalie et Candy viennent à toutes les semaines « car beaucoup de résidents attendent leur visite avec impatience.»
Marjolaine Jolicoeur

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