Hitler, un végétarien?

Le mythe du végétarisme d’Hitler resurgit toujours lorsqu’on ose avancer que notre monde serait moins violent et plus compatissant si les animaux n’étaient pas massacrés dans la violence des abattoirs. Que le respect de la vie et la non-violence ne peuvent s’accomplir lorsque nous sommes complices de la souffrance d’un être vivant et sensible.

D’où vient ce canular qu’Hitler était végétarien, pourquoi certaines personnes s’en servent-elles pour mépriser le végétarisme|végétalisme ou pour insinuer que l’amour des végétariens pour les animaux et la planète démontre une haine des humains? Est-ce que les végés sont à ce point dangereux pour qu’on les compare à des Hitler en puissance et au nazisme?

HITLER N’ÉTAIT PAS VÉGÉTARIEN

Selon de nombreuses sources dignes de confiance, de recherches et de témoignages, Hitler n’était pas végétarien, selon la stricte définition du végétarisme. Un végétarien c’est quelqu’un qui ne mange jamais de viande et jamais de poisson. Evidemment, plusieurs se qualifient de végétarien tout en continuant à manger du poisson ou du poulet, mais c’est là une erreur. Un authentique végétarien ne mange jamais de chair animale, de poisson ou de sous-produits de l’abattoir. Ce n’était pas le cas pour Hitler qui en public proclamait son adhésion au végétarisme mais en privé mangeait du jambon et des saucisses.

Quelle était la véritable personnalité d’Hitler cachée derrière l’homme mythologique, quasi-divin, inventé de toutes pièces par la propagande allemande? Hitler était obsédé par la santé de son corps, un hypocondriaque en quelque sorte. Il avait une peur maladive du cancer qui a probablement son origine dans le cancer du sein dont est morte sa mère en 1907. Peur aussi de la syphilis qu’il associait aux Juifs. Toute sa vie, il consultera de nombreux médecins. Il souffrait de flatulence excessive, dont l’odeur le gênait beaucoup. Il avait aussi des problèmes gastriques, de constipation, des démangeaisons de la peau, un accès de sudation et des tremblements musculaires A partir des années 30, il commença à ressentir par épisodes des douleurs aiguës et des crampes au niveau de l’abdomen supérieur droit, douleurs se manifestant peu après les repas. Pour soigner ses maux réels ou imaginaires, il a constaté que le fait de diminuer sa consommation de viande lui procurait un certain soulagement et ses médecins l’encouragèrent à adopter une alimentation sans viande.

Le canular du végétarisme d’Hitler se perpétue encore de nos jours grâce à son fidèle ministre de la propagande Joseph Geobbells. Ce dernier voyait Hitler comme une  «incarnation de dieu », un avatar et un messie pour la venue d’une nouvelle race pure, un leader ascétique à la Gandhi ne touchant pas à la cigarette, à l’alcool et à la viande. Il est vrai cependant qu’Hitler était profondément anti-tabac. Le gouvernement nazi institua d’ailleurs l’une des lois les plus sévères contre la cigarette, l’interdisant dans les endroits publics, les lieux de travail, etc. Mais Hitler ne renonça jamais complètement à la viande, pas plus qu’à l’alcool. De nombreux biographes confirment qu’à tous les moments de sa vie où il se disait végétarien, il consommait toujours de la viande.

Selon John Tolan – dans son livre Adolph Hitler – l’alimentation de jeune étudiant Hitler consistait en  « lait, saucisses et pain ».

Robert Payne –  dans The life and Death of Adolph Hitler – mentionne lui aussi sa passion pour les saucisses bavaroises. Albert Speer indique pour sa part qu’il mangeait du jambon, du foie et du caviar. Il se disait contre la chasse mais n’avait pas de scrupules à manger du gibier.

Après la guerre Rudolf Dieals, un membre de la Gestapo, confirma qu’Hitler a toujours raffolé de Luberknodl, des boulettes faites à base de foie de boeuf ou de veau haché qu’on sert parfois dans de la soupe au poulet. Hitler en était friand, particulièrement si elles étaient préparées par son ami photographe Heirich Hoffman. En 1920 alors qu’il est invité chez le journaliste Otto Strasser, Hitler précisa qu’il ne mangeait pas de viande. Mais lorsqu’il vit que la femme du journaliste avait préparé un plat de viande de boeuf, il mit de côté ses soi-disant principes végétariens et en mangea.

Certains témoignages affirment que c’est en 1931 qu’Hitler renonça complètement à la viande. Selon William Shirer – The Rise and Fall of the Third Reich – l’événement serait lié à la mort de la fille de sa demi-soeur, sa nièce Angelina Raubel. Cette dernière se suicida après une violente querelle avec Hitler. Elle avait vingt-deux ans et entretenait avec lui une relation assez trouble. Diverses rumeurs ont circulé et en particulier, le fait qu’elle aurait été assassinée parce qu’elle s’apprêtait à révéler la véritable vie sexuelle d’Hitler et que cela risquait de mettre fin à son ascension politique. On raconte que le matin de la mort de Geli, Hitler regarda le jambon servi pour le petit-déjeuner et le refusa en disant que c’était comme  «manger du cadavre». Cette idée de la mort de Geli comme étant le déclencheur de son passage au végétarisme fut accepté par de nombreuses personnes et contribua, en partie, au mythe végétarien d’Hitler.  «Il en avait parlé auparavant et avait caressé cette idée du végétarisme, mais cette fois-là ce fut sérieux. A partir de ce moment là Hitler ne mangea plus jamais de viande, à part des boulettes de foie « (déclaration de l’épouse de Rudolf Hess).

Il n’arrêta pas non plus d’apprécier le pigeonneau rôti, comme le confirme Dione Lucas, chef-cuisinière vers la fin des années 30 dans un restaurant de Hambourg où Hitler avait coutume de venir manger. Par la suite, elle quitta l’Allemagne pour les Etats-Unis où elle ouvrit une école de cuisine. Elle écrivit The Gourmet Cooking School Book dans lequel elle décrit la recette du pigeonneau farci tout en se rappelant avoir souvent été appelée afin de préparer ce plat pour Hitler:  « J’ai appris cette recette lorsque je travaillais comme chef dans l’un des plus grands hôtels de Hambourg, avant la deuxième guerre mondiale. Je ne voudrais pas gâcher votre appétit pour le pigeonneau farci, mais vous serez peut-être intéressé de savoir que c’était un grand favori de Hitler qui venait souvent dîner à l’hôtel ».

Dans son édition du 30 mai 1937, le New-York Times rend visite à Hitler et publie le compte-rendu de cette rencontre:  « Il est bien connu que Hitler est végétarien et ne boit pas ni ne fume non plus. C’est ainsi que son déjeuner et son dîner consistent principalement en une soupe, des oeufs, des légumes et de l’eau minérale. Occasionnellement il savoure une tranche de jambon et rehausse l’ennui de son régime par quelque douceur comme du caviar». Un végétarien qui mange saucisses, pigeonneau rôti, jambon, caviar, boulettes de foie de veau haché et du boeuf lorsqu’invité chez des amis, voilà une vision plutôt curieuse du végétarisme.

Pas plus dans sa jeunesse que dans les années 30, Hitler ne fut réellement un végétarien. Pour ce qui est des années 40, la preuve irréfutable de sa consommation de viande provient du témoignage de Salvatore Paolini, un serveur italien ayant travaillé à la table d’Hitler et rapporté en juin 2003, dans le journal londonien The Time. Alors qu’il n’était âgé que de 14 ans, Paolini servit Hitler en l942-43 dans ce qu’on a nommé le « Nid de l’aigle » au sommet du mont Kehlstein puis dans sa salle à dîner personnelle de Nuremberg de l943 à l945. Selon le serveur Paolini, Hitler préférait les pommes de terre et les légumes verts mais  «aimait aussi les saucisses et le jambon ». Il buvait à l’occasion de la bière et du vin dilué. Ce dont il était le plus gourmand et consommait en grande quantité : des gâteaux arrosés de crème fouettée, des poudings et du chocolat, le tout arrosé de thés et de cafés à la crème très sucrés.

En plus de vanter les mérites du végétarisme, Hitler a aussi, à maintes reprises, parlé des bienfaits de l’alimentation crue, une façon de s’alimenter très à la mode dans les milieux naturistes de l’époque. Martin Bormann dans Hitler’s Table Talks  rapporte les paroles d’Hitler sur le mouvement crudivore qu’il voyait  «comme une révolution »: «Toutes les maladies de la civilisation proviennent des aliments cuits, ceux qui adoptent une alimentation végétale doivent savoir que c’est quand ils sont crus que les légumes ont une plus grande valeur nutritive. Il n’est pas exclu que l’une des causes du cancer réside dans la nocivité des aliments cuits. Nous donnons à notre corps une nourriture qui d’une façon ou d’une autre est dégradée ». Tout comme pour le végétarisme, Hitler n’a jamais adopté une alimentation crudivore, préférant se gaver de gâteaux, sucre, saucisses et jambon.

Dans ses délires grandiloquents de souverain du monde, le Fürher se voyait comme un être supérieur, un végétarien hors-norme comme son idole, presque son maître à penser, le musicien Richard Wagner (1813-1883). Dans son livre Mein Kamph, Hitler affirme que c’est dès l’âge de 12 ans qu’il a développé sa passion pour Wagner. En 1933, s’adressant à Herman Rausching : « Saviez-vous que Wagner a attribué à la consommation de viande la majeure partie du déclin de notre civilisation?…C’est en grande partie de ce que dit Wagner à ce sujet que je ne touche pas à la viande….Wagner ne touchait ni à l’alcool ni à la viande

En effet Richard Wagner a lu, en 1880, un pamphlet sur l’alimentation végétarienne du français J.A. Gleizis. Jusqu’à sa mort, le compositeur se mettra lui-même à écrire des essais sur la nocivité de la viande, demandant même à ses admirateurs de devenir végétariens. Pour Wagner, l’alimentation végétarienne pourrait aider à purifier l’humanité de la corruption apportée par la viande, le mélange des races, nous protégeant ainsi contre les agressions des Juifs. Wagner était profondément antisémite et pensait même que les Juifs complotaient contre lui afin qu’il ne puisse présenter ses opéras.

Mais Wagner – tout comme son disciple Hitler – n’a jamais été végétarien et ne s’est jamais abstenu non plus de consommer de l’alcool, que ce soit de près ou de loin. Son repas favori consistait à manger un steak tout en buvant du champagne. La veuve de son fils Siegfried, Winifred Wagner, atteste que Wagner n’a jamais été végétarien: «Wagner aurait aimé être  végétarien pour des raisons éthiques, mais sa mauvaise santé l’en empêchait. Il souffrait de faiblesse au coeur et d’eczéma au visage.» (Heretic Feast, Colin Spencer)

– POUVOIR ET FASCISME

Hitler pouvait devenir lyrique sur les bienfaits du végétarisme, mais sa sympathie pour cette forme d’alimentation s’arrêtait à sa santé personnelle et à la « pureté » de son corps. Jamais il n’a encouragé la propagation du végétarisme en Allemagne ou dans les pays occupés. Dès 1933, les leaders des sociétés végétariennes furent arrêtés. La Gestapo effectuait des descentes chez les végétariens et les livres, contenant des recettes végétariennes, étaient confisqués. Les sociétés végés allemandes furent forcées de quitter l’Union Internationale Végétarienne, elles ne pouvaient se réunir, ni publier du matériel ou faire partie d’un mouvement végétarien.

Au début de la guerre, dans un journal, Werner Alpter mentionna que puisse qu’il était végétarien, Hitler faisait lui aussi partie du mouvement végétarien. Il fut traduit devant un tribunal et dut payer une amende de 100 marks pour sa remarque jugée déplacée. Mais individuellement, s’ils n’étaient pas Juifs, les végétariens ne furent pas inquiétés. Ils purent, par exemple, échanger leur coupons de rationnement de viande contre des produits laitiers. Plus de 83, 000 végétariens participèrent à ce programme. (The Vegetable Passion, Janet Barkas)

Pour expliquer le végétarisme d’Hitler, certains biographes rapportent qu’il aimait sincèrement les animaux – surtout les chiens – mais il n’hésita pas à tester le cyanure dont il se servit pour se suicider, sur sa bien-aimée chienne Blondie. Sa considération pour les animaux était on ne peut plus paradoxale mais typique de beaucoup de mangeurs de viande. Il traitait ses ennemis de «cochons », le peuple allemand de «stupide troupeau de moutons » et les juifs de  «vermine et de rats ».

Hitler était l’archétype du fasciste, il croyait avant tout à la suprématie de sa race et se donnait le droit de tuer les plus faibles, de les dominer :  « Celui qui ne possède pas la puissance perd la vie», disait-il. Hitler n’avait pas plus d’empathie pour les animaux que pour les humains, ce n’étaient que des esclaves à son service.

ABATTOIRS ET CAMPS DE CONCENTRATION

Cette pratique d’appeler des humains par des noms d’animaux a souvent été un prélude à leur persécution, exploitation et massacre. Le monde animal fut toujours une abondante source de métaphores pour la déshumanisation. Hitler dominait à la fois les humains et les animaux, les tuant dans de vastes abattoirs devenus des camps de concentration. En qualifiant sans relâche les Juifs de «cochons », le régime nazi est parvenu à convaincre le peuple allemand de la nécessité de les éliminer. Les trains à bestiaux servirent à transporter les Juifs vers les camps de la mort. Ce que les nazis exécutaient dans les camps de concentration participe de la même violence faite aux animaux derrière les murs secrets des abattoirs, une violence cachée et niée derrière la conscience du mangeur de viande.

L’artiste américaine Judy Chicago décrit dans  «Projet Holocauste, des ténèbres à la clarté » sa visite à Auschwitz et comment elle a réalisé que  «ces fours étaient en fait des usines de traitement géantes – à la différence que ces usines traitaient des humains qualifiés de cochons au lieu d’être des abattoirs pour les cochons.» La vision de cet abattoir humain provoqua chez elle un déclic qui lui fit voir que la terre entière est symbolisée par Auschwitz, qu’elle est un vaste abattoir couvert de sang: « Des gens manipulés et utilisés, des animaux torturés dans d’inutiles expériences, des chasseurs poursuivant des créatures sans défense « pour le plaisir », des hommes abusant de femmes et d’enfants, des gens polluant la terre et l’oppression envers ceux qui regardent, ressentent ou agissent différemment ».

Dans son extraordinaire livre «Eternal Trablinka: Our Treatment of Animal and Holocaust», Charles Patterson compare longuement lui aussi le génocide des Juifs par le nazisme avec les celui des animaux dans les abattoirs, comment le meurtre des animaux constituent un précédent au massacre d’humains, car ils refoulent notre empathie envers ceux perçus comme  inférieurs ou différents » :  « D’où vient cette propension à la guerre, au racisme, au terrorisme, à la violence et à la cruauté qui ne cessent de sévir au coeur de la civilisation humaine? Pourquoi les humains continuent-ils à s’exploiter et à se tuer les uns les autres? Pourquoi notre espèce est-elle donc si encline à la violence? Si nous voulons vraiment répondre à ces question, nous ferions bien de considérer l’exploitation et le massacre des animaux dans nos sociétés ainsi que leurs conséquences sur la civilisation. Se pourrait-il que nous nous opprimions et tuions si facilement les uns les autres parce que le fait de maltraiter et tuer les animaux nous a ôté toute sensibilité à l’égard de la souffrance et de la vie d’autrui? ».

DES HYPOCRITES

Présenté au peuple allemand comme un icône de santé, d’abstinence et d’ascétisme, Hitler n’a jamais mis en pratique ce qu’il prêchait. Cet hypocrite végétarien racontait, dit-on, à ses convives de table comment les animaux étaient tués dans les abattoirs, histoire de leur couper l’appétit. Mais lui-même, dans sa peur morbide de la maladie, n’hésitait pas à utiliser une foule de sous-produits de l’abattoir.

De 1936 jusqu’à sa mort en 1945, Hitler consommait des cocktails et recevait des injections contenant placenta, testostérone bovine, extraits de prostate, glande surrénale et pancréatique de provenance animale. Au début des années 30, le gouvernement nazi lança de grandes campagnes de promotion pour la santé, déclarant la guerre au cancer et invitant la population à bannir l’alcool et les drogues. Pourtant, plusieurs dirigeants nazis – tels que Goering et Goebbels – étaient dépendants de la morphine.

Robert Ley, le directeur du Front Allemand du Travail de 1933 à 1945, demandait aux ouvriers de remplacer la bière par du thé, mais c’était un alcoolique qui faisait ses discours la plupart du temps saoul. Hitler se disait publiquement contre l’usage des drogues, en particulier la cocaine alors très populaire et que les nazis nommaient la «drogue du diable ». Mais en fait il était un toxicomane drogué par son médecin personnel Théodor Morell (1886-1948). Ce dernier a tenu un registre de tout ce qu’il administra à son patient jusqu’à son suicide en l945 dans son bunker de Berlin. On y retrouve entre autres, de la cocaine sous forme de gouttes dans les yeux, à un dosage dix fois plus puissant que celle recommandée, de la morphine – de l’Eukodal – car Morell était, selon plusieurs, un morphinomane et du Pervitin un métamphétamine qu’on nomme de nos jours «speed, met ou cristal ». Ce médecin lui donna jusqu’à vingt-huit sortes de pilules différentes par jour, de la vitamine C et B ainsi que plusieurs injections de substances diverses allant du glucose à des drogues dures. C’est à partir de 1941 que Morell a fait chaque matin une injection intraveineuse de Pervitin à Hitler. Dès 1943, Hitler réclama une 2e injection dans l’après-midi. Cette posologie augmenta jusqu’à atteindre cinq injections par jour.

Ce stimulant extrêmement puissant procure effets euphorisants, délires de puissance et de grandeur mais aussi troubles cardiaques, psychoses paranoïdes, lésions cérébrales irréversibles, tremblements, états confusionnels et comportements irrationnels voire violents. Lorsque Hitler était en manque, il passait par des phases d’abattement et de dépression. (The Medical Case Book of Adolph Hitler, Leonard Heston)

Le gouvernement nazi se disait contre les drogues mais n’hésita pas, pour gagner la guerre, à distribuer à ses troupes des millions des doses de Pervitin, mis sur le marché en 1937 par le laboratoire pharmaceutique allemand Temmler. L’agressivité accrue que Pervitin procurait aux soldats était un excitant de choix, capable de plus d’enlever la fatigue et la faim. Nommée la «drogue des nazis», cette métamphétamine permettait aux soldats de rester aux aguets et de se battre pendant plusieurs jours avec violence, sans aucune compassion ou empathie. (A notre époque, les métamphétamines sont encore largement distribués aux soldats des armées, quelles soient américaines, européennes ou canadiennes). Les soldats allemands consommaient aussi de grande quantité d’alcool.

HITLER DANS LE PLACARD?

En 1928 Hitler déclara:  « Quiconque pratique et même pense à l’amour homosexuel, est notre ennemi ». Il propagea l’idée que l’homosexualité est dangereuse pour l’ordre social. En 1933, alors qu’il est nommé chancelier du Reich, il décréta la fermeture des lieux de rencontres gais, la dissolution de leurs associations, interdit les publications gais et mit en place un plan de stérilisation des homosexuels (en accord avec les évêques catholiques allemands). En 1940, la politique homophobe des nazis culmina par la déportation de gais portant le triangle rose vers des camps de concentration. Des milliers d’hommes furent alors arrêtés et internés lorsqu’ils refusaient la castration « volontaire ».

Pourtant, il semble qu’en Allemagne les moeurs homosexuelles d’Hitler n’étaient un secret pour personne. Dans The Hidden Hitler, l’historien allemand Lothar Machtan avance l’ hypothèse qu’Hitler eut de nombreuses relations homosexuelles et ce à partir de 1905. Sa liaison avec sa nièce Geri puis avec Eva Braun – qui tenta elle aussi de se suicider plusieurs fois comme nombre de femmes de l’entourage d’Hitler – ne servit que de façade pour masquer aux yeux du peuple sa véritable sexualité. De nombreux témoignages l’attestent, des documents de la police de Munich stipulant même qu’Hitler aurait été un prostitué. Jusqu’à la guerre ces révélations forts compromettantes servirent comme monnaie de chantage. Pour faire taire ceux qui savaient les penchants homosexuels d’Hitler et de plusieurs de ses collaborateurs, tout fut mis en place: répressions sanglantes, bannissements, censure, silences achetés et intimidations.

Au cours de la Nuit des longs couteaux, en 1934, Hitler fit éliminer plusieurs témoins gênants de ses frasques de jeunesse, dont Ernst Röhm, le chef des sections d’assaut et gai notoire, ainsi que tous ceux qui tentèrent de le faire chanter ou de révéler la vérité. Tout comme pour son végétarisme, l’homophobie d’Hitler n’était que pure hypocrisie dans une vie pleine de mensonges, de contradictions et de zones de flou. Lorsque le livre de Lothar Machtan sortit aux Etats-Unis, des groupes homophobes de l’extrême-droite chrétienne déclarèrent qu’on pouvait expliquer la «folie meurtrière » et la  «dégénérescence » d’Hitler par le fait qu’il était homosexuel. Comme quoi, même à notre époque, pour discréditer une communauté – qu’elle soit végétarienne ou gai – Hitler et les nazis ne sont jamais bien loin.

REDUCTIO AD HITLERUM

La  «reductio ad Hitlerum « est une expression ironique datant de 1950 et désignant un procédé argumentaire qui vise à disqualifier quelqu’un en le comparant à Hitler. Cette tactique polémique permet ainsi d’éviter tout débat de fond.

On trouve son prolongement dans le monde d’Internet avec la loi de Godwin (du nom de son inventeur). Cette loi stipule que lorsqu’une discussion sur un forum s’allonge, plus la probabilité d’y trouver une comparaison avec Hitler ou les nazis s’approche. Lorsqu’elle apparaît cela démontre que la discussion est proche de la fin car elle a atteint un point de non retour. L’évocation du nazisme fait naître une telle tension que toute discussion devient inutile parce qu’elle se transforme en insultes et en diffamation. Celui qui a avancé l’argument d’Hitler est désigné comme le perdant de la discussion.

Quand pour dénigrer la non-violence et l’éthique du végétarisme/végétalisme certains amènent l’idée simpliste qu’ « Hitler était végétarien » ils démontrent malheureusement toute l’étendue de leur ignorance et leur manque flagrant d’arguments intelligents.

Marjolaine Jolicoeur

Sources: Eternal Treblinka: Our treatment of animals and the holocaust, Charles Paterson, Lantern books –

Hitler: Neither Vegetarian Nor Animal Lover, Rynn Berry, Pythagorean Publishers

Judaism and Vegetarianism, Richard Schwartz

Bloodless Revolution, Tristram Stuart, W.W. Norton & Company

The Nazi War on Cancer, Robert Proctor

2 réflexions sur “Hitler, un végétarien?

  1. Salut, pendant longtemps j’ai aussi cru que le mythe d’un Hitler végétarien n’était que le fruit d’une bonne propagande nazi… mais à présent je me pose des questions, suite à la lecture d’un article d’une de ces goûteuse – Margot Woelk – qui a survécu à la guerre et témoigné en 2013 dans la presse. Voici l’article : http://www.lefigaro.fr/international/2014/09/24/01003-20140924ARTFIG00340-la-gouteuse-d-hitler-raconte-ses-annees-de-terreur.php

    Je me dis que, peut être qu’Hitler suivait réellement un régime à tendance végétarienne pour des raisons de santé et, bien sur, pas par idéologie anti-spéciste !! Sachant que l’idéologie anti-spéciste ne va pas du tout avec les schémas de pensée d’Hitler, qui lui avait une vision dominatrice du monde, toujours dans l’oppression des autres et dans les discriminations, avec sa soif de pouvoir !

    Bref, en résumé, selon le témoignage de Margot Woelk, il se peut qu’Hitler ai vraiment eu, à un moment donné, un régime à tendance végétarienne pour des raisons de santé. Ce qui n’à absolument rien avoir avec le fait de choisir de suivre un végétarien ou végétalien pour des raisons éthiques et pour lutter pour l’abolition du spécisme ! C’est ce qui fait toute la différence, entre ceulles qui ne se préoccupent que d’eulles même et qui choisissent le végéta*isme pour des raisons de santé… et ceulles qui font ce choix pour des raisons éthiques, parce que la justice et le bonheur de toustes est bien important que nos petites préoccupations futiles individualistes 😉

    SPECISME = ABOLITION

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